1. L’avocat du promoteur ne représente pas l’acquéreur

Les frais juridiques facturés par le promoteur couvrent principalement la documentation et l’inscription du projet. Ils ne créent pas une représentation indépendante de l’acquéreur dans la négociation du contrat ou l’analyse des risques.

L’acquéreur doit disposer de son propre conseil avant de signer une demande de réservation, une offre, un formulaire de modifications ou tout document accompagné d’un versement.

2. Auditer le terrain, le permis et le projet

Il faut identifier la nature exacte des droits du promoteur : propriété, bail de l’Autorité foncière, combinaison, option ou opération de rénovation urbaine. Les hypothèques, saisies, servitudes et engagements envers les propriétaires initiaux doivent être analysés.

Le permis de construire et les plans contractuels déterminent ce qui pourra effectivement être livré. Une promesse commerciale, une brochure ou une visualisation ne remplace pas une annexe signée et suffisamment précise.

  • Droits du promoteur sur le terrain
  • Permis et conditions administratives
  • Plan de l’appartement, étage, orientation et dépendances
  • Parking, cave, jardin, terrasse et parties communes
  • Calendrier prévisionnel et conditions de démarrage

3. Protéger chaque paiement

La loi sur la garantie des investissements interdit au vendeur de recevoir au-delà du seuil légal sans fournir l’une des sûretés prévues par la loi. Dans un projet accompagné, les paiements doivent être effectués exclusivement au moyen des bordereaux du compte dédié et donner lieu à la garantie correspondante.

Il convient de vérifier l’identité de la banque accompagnatrice, le compte du projet, le délai d’émission de la garantie et le mécanisme de radiation de l’hypothèque du prêteur à la livraison. Un paiement direct au promoteur ou à un intermédiaire en dehors du circuit prévu crée un risque majeur.

4. Prix, indexation et coûts additionnels

Le prix affiché n’est pas toujours le coût final. Le contrat peut prévoir une indexation autorisée par la loi, des frais pour modifications, branchements, compteurs, gestion, inscription ou différences de surface dans les limites convenues.

Depuis les réformes relatives à l’indexation du prix des appartements neufs, la part indexable et son assiette sont encadrées. Il faut néanmoins calculer un scénario défavorable et fixer les éléments qui demeurent forfaitaires.

  • Assiette et plafond d’indexation
  • TVA applicable aux paiements futurs
  • Coût des modifications acquéreur
  • Frais d’inscription et de copropriété
  • Conditions de restitution en cas d’annulation

5. Délais et retard de livraison

La date contractuelle doit être déterminable et les causes de report limitées. Les clauses générales permettant au promoteur de prolonger pour tout événement extérieur doivent être confrontées aux dispositions impératives de la Loi sur la vente d’appartements.

L’article 5A organise une indemnisation légale du retard dans les conditions qu’il fixe. Le contrat ne peut neutraliser une protection impérative par une rédaction qui transfère indistinctement tous les risques à l’acquéreur. Les travaux demandés par l’acquéreur doivent donner lieu à un délai chiffré et accepté.

6. Modifications, surfaces et équipements

Les plans, le cahier des charges et le formulaire légal de description doivent être cohérents. Il faut vérifier les surfaces, hauteurs, ouvertures, installations, climatisation, accessibilité, parking et stockage.

Toute modification doit être écrite, tarifée et accompagnée de son éventuel impact sur la livraison. Les tolérances contractuelles ne doivent pas devenir une autorisation générale de modifier le logement ou le projet.

7. Réception, réserves et garanties

L’acquéreur doit pouvoir visiter le logement avec un ingénieur avant ou lors de la remise. Un protocole détaillé doit constater les défauts, non-conformités et travaux inachevés, sans transformer la prise de clés en renonciation aux droits légaux.

La loi distingue notamment la période de vérification, dont la durée varie selon la nature du défaut, et la période de garantie. L’acquéreur doit notifier rapidement et permettre les réparations, tout en conservant une preuve complète de ses demandes.

8. Inscription définitive des droits

La livraison physique n’est pas l’achèvement juridique de l’opération. Le contrat doit fixer les étapes de parcellaire, d’inscription de la copropriété et d’enregistrement de l’appartement au nom de l’acquéreur.

Il faut conserver les certificats fiscaux, procurations, garanties et confirmations de paiement jusqu’à l’inscription. Les délais du promoteur et de la société chargée de l’inscription doivent être suivis après la remise des clés.